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Depuis cet­te année, l’ensemble des par­rai­na­ges des élus pour les can­di­dats à l’élection pré­si­den­tiel­le est inté­gra­le­ment publié par le Conseil consti­tu­tion­nel sur son site inter­net. En 2017, 14 296 par­rai­na­ges ont été vali­dés par l’institution.

Cette publi­ca­tion inté­gra­le per­met d’analyser plus fine­ment qui sont les élus qui ont par­rai­né les can­di­dats à l’élection pré­si­den­tiel­le de 2017.

Onze candidatures validées

Le Conseil consti­tu­tion­nel a vali­dé onze can­di­da­tu­res pour l’élection pré­si­den­tiel­le de 2017. Par nom­bre de par­rai­na­ges obte­nus, il s’agit de François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Jean Lassalle, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, François Asselineau, Philippe Poutou et Jacques Cheminade.

Une parité respectée ?

Les don­nées com­mu­ni­quées par le Conseil consti­tu­tion­nel per­met­tent éga­le­ment de se ren­dre comp­te de la pari­té femme-homme dans les par­rai­na­ges obte­nus. Et on est loin du 50/50.


Les deux meilleurs élè­ves sont Benoît Hamon et Marine Le Pen qui ont obte­nu autour de 34% de leurs par­rai­na­ges grâ­ce à des fem­mes. À l’autre bout du tableau, on retrou­ve Jacques Cheminade qui ne comp­te que 7,95% de par­rai­na­ges fémi­nins.

Cela peut aisé­ment s’expliquer par l’aspect tou­jours très mas­cu­lin du per­son­nel poli­ti­que fran­çais. Par exem­ple, les mai­res élus en 2014 sont à 87% des hom­mes. Il est donc logi­que que ce man­que de pari­té se retrou­ve dans les par­rai­na­ges pour l’élection pré­si­den­tiel­le.

Quels types d’élus ?

On par­le sou­vent des « 500 par­rai­na­ges de mai­res ». Mais en réa­li­té, les mai­res ne sont pas les seuls élus à pou­voir don­ner leur blanc-seing à un can­di­dat. Les pré­si­dent d’intercommunalités, les conseillers dépar­te­men­taux, les conseillers régio­naux peu­vent éga­le­ment le fai­re. C’est aus­si le cas des dépu­tés et séna­teurs fran­çais ain­si que des par­le­men­tai­res euro­péens.


Selon les can­di­dats, la typo­lo­gie des élus leur ayant appor­té leur par­rai­na­ge dif­fè­re. On se rend comp­te que les « petits » can­di­dats se sont sur­tout appuyés sur les par­rai­na­ges des mai­res pour obte­nir leurs signa­tu­res. Ils ne dis­po­sent en effet par de l’appareil poli­ti­que des grands par­tis avec un nom­bre d’élus impor­tant dans les conseils dépar­te­men­taux et régio­naux par exem­ple.

Pour Jacques Cheminade, c’est ain­si 99,62% des par­rai­na­ges qui sont com­po­sés de mai­res ou de mai­res délé­gués (soit 526 signa­tu­res). Le res­te est venu de conseillers dépar­te­men­taux (2 signa­tu­res).

Même ordre de gran­deur pour Nathalie Arthaud, dont 99,53% des par­rai­na­ges pro­vien­nent des mai­res, ou pour François Asselineau où le rap­port s’élève à 99,32%.

Au contrai­re, Marine Le Pen a pu s’appuyer sur les élus du Front natio­nal dans les assem­blées régio­na­les, arri­vés pour la plu­part lors des der­niè­res élec­tions pour 2015, pour obte­nir 53,43% de ses 627 signa­tu­res.

Les can­di­dats des grands par­tis béné­fi­cient eux d’une base d’élus très impor­tan­te. Le mini­mum des 500 signa­tu­res ne leur pose aucun pro­blè­me pour être atteint.

Benoît Hamon et François Fillon obtien­nent ain­si leurs par­rai­na­ges grâ­ce à un éven­tail assez lar­ge d’élus : mai­res, conseillers dépar­te­men­taux ou régio­naux, par­le­men­tai­res.

Remarque Le Conseil constitutionnel propose 24 catégories d'élus dans les données communiquées sur les parrainages, notamment avec les nombreuses assemblées d'outre-mer. Pour une meilleure lisibilité du graphique précédent, j'ai choisi d'en rassembler certaines pour ramener leur nombre à 8. Le détail est consultable ici.

Photo à la une : Palais de l’Élysée / Nicolas Nova – CC BY NC 2.0

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